Oujdashore s’active pour attirer ses premiers clients

Oujdashore s’active pour attirer ses premiers clients

Oujdashore s’active pour attirer ses premiers clients

Le parc offshore d'Oujda, au nord-est du royaume, propose une première tranche de 7 500 m² de bureaux aux entreprises. Trois entreprises marocaines et étrangères sont en négociation pour s'y implanter.

Fin prêt. Le nouveau parc Oujdashore équipé d'infrastructures standardisées, de plateaux de bureaux et de services de support et de proximité attend ses premiers clients. Trois entreprises candidates aussi bien marocaines qu'étrangères sont sur les rangs.  

"Pour l'instant, les candidats vérifient les installations, se renseignent sur la disponibilité des embauches dans la région et le niveau des salaires pratiqué. Une fois, ces étapes franchies, elles passent alors à l'étude de l'implantation proprement dite. déclare Samir Guerraoui, directeur commercial chez Medz-sourcing.

Le profil des entreprises démarchées correspond à des sociétés spécialisées dans la gestion client, le développement et la maintenance informatiques ainsi que l'externalisation des processus d'affaires dit BPO ("Business process outsourcing").

"L'accès au parc est proposé avant tout aux entreprises en croissance, ayant atteint une taille critique et souhaitant continuer leur développement en étendant leur installation sur des parcs qui vont leur permettre de réduire leurs coûts" précise Samir Guerraoui,

Situé loin de l'axe Casablanca-Rabat, le nouveau parc Oujdashore propose à la fois des infrastructures standardisées et des services de gestion et d'animation. Il se compose de plateaux de bureaux, de services de support (centre d'affaire, guichet unique,  centre de formation professionnelle…) et de services de proximité (restauration, crèche, cabinet médical, infrastructures sportives, commerces et agence bancaire.)

"En général, dans ce type d'immeubles de bureaux, quand les clients s'installent, ils commencent par un "pilote" qui représente une offre d'une cinquantaine de personnes. Un site de 7 500 m² de ce type devrait être vite occupé. Avec deux gros clients de 500 personnes et une moyenne de 7 m² par position, on peut faire le plein" précise notre interlocuteur.

Mais qu'est-ce qui pourrait motiver des entreprises à quitter l'axe bien fourni en infrastructures Casablanca-Rabat pour s'installer des centaines de kilomètres plus loin au nord-est du pays ?

"Le parc Oujdashore est situé à une vingtaine de minutes de l'aéroport. Les prix pratiqués dans cette région de l'oriental sont en général inférieurs de 25 à 30 % que ceux situés à Casablanca ou Rabat. Ainsi, les entreprises qui accèderont à ce parc, outre le bénéfice des avantages fiscaux liés à l'implantation dans ces zones, verront leurs coûts en matière de  salaires, loyer, dépenses de télécommunication, frais de structure ou de surface occupée réduits substantiellement." n'hésite pas à asséner notre interlocuteur.

À cette première tranche, des extensions doivent s'ajouter selon un calendrier qui reste à déterminer en fonction de la demande et de l'engouement des sociétés d'offshoring à s'installer dans cette région.

Le parc Casanearshore abrite déjà des dizaines de sociétés comme Dell, Accenture, Atos ou Intelcia avec 10 000 postes. Celui de Technopolis près de Rabat héberge entre autres Axa, Webhelp ou Logica avec 3 500 emplois créés. Dans la même lignée, en attendant que soient dévoilés en septembre, les noms des premiers clients, le parc Oujdashore espére créer 2 000 emplois.

Source : Usinenouvelle.com

Orient’Art Express : Oujda s’ouvre sur l’«espace fermé» du Maghreb

Gonflé par le succès de ses précédentes éditions, le festival Orient’Art Express reprend son chemin pour la quatrième année consécutive. Prévu à Oujda du 21 août au 22 septembre, cet évènement propose un programme éclectique : une exposition d’art contemporain sur le thème «Espace ouvert, espace fermé», un concours destiné aux artistes locaux autour de la question du Maghreb et un colloque intitulé : «Penser sans frontière».

L’art contemporain maghrébin est très riche à plus d’un titre. Au-delà des catégorisations esthétiques, cet art est, depuis plus de quarante ans, caractérisé par une méconnaissance et une certaine ignorance entre les créateurs et les artistes de l’Afrique du Nord. Une situation due essentiellement à la question des frontières. Pour débattre de toutes les facettes de cette question, le festival Orient’Art Express se veut, pour sa quatrième édition, un espace convivial d’échanges et de réflexions dédiées à l’expression artistique contemporaine du Grand Maghreb.

Dans le contexte d’un monde à priori décloisonné et interconnecté, la question des frontières se pose à nous, Maghrébins, avec acuité et insistance. Comment peut-on contester les limites géographiques imposées par l’histoire moderne du Grand Maghreb ? Comment peut-on enclencher une dynamique réflexive qui transcenderait ces frontières ? Quelles places, quelles postures, quelles attitudes l’artiste et l’intellectuel maghrébin peuvent-ils et doivent-ils avoir face à cette situation ? Autant de questions auxquelles cette quatrième édition tentera d’apporter des réponses. Prévu du 21 août au 22 septembre prochains, l’évènement vise tout d’abord à promouvoir l’art contemporain dans la région de l’Oriental et celle du Grand Maghreb. Pour cela, l'association «Réseau d'Art A-48» a choisi d’inviter les grands noms de l’art contemporain d’ici, mais également d’Algérie, de Tunisie, de Libye et de Mauritanie. Ce sera dans la cadre d’une exposition intitulée «Espace ouvert, espace fermé».

Cette exposition, prévue à la galerie du Bd Moulay El Hassan, sera l’occasion de dévoiler des œuvres réalisées sur la question des frontières. Dans les quatre autres espaces de l’évènement, les Musée Lalla Meryem, Galerie Al Maghreb Arabi, Place Ziri Ibn Atiya et Université Mohammed 1er, plusieurs activités artistiques et culturelles sont prévues. D’abord, un colloque autour du thème «Penser sans frontière» réunira plusieurs chercheurs et des spécialistes de l’histoire de l’art et de l’esthétique du Grand Maghreb. Organisé en collaboration avec l’Université Mohammed 1er d’Oujda, ce colloque, qui aura lieu au sein de l’université, vise à donner une dimension scientifique à cette démarche.

Les différents intervenants «apporteront également leurs regards et leurs réflexions sur le “penser sans frontière”», explique Azzeddine Abdelouhabi, président de l'association «Réseau d'Art A-48». Autre moment fort de cette édition, un concours de sculpture et installation, destiné aux artistes locaux autour de la question du Maghreb. À travers cette initiative, il s’agit d’inscrire l’art et la réflexion artistique au cœur même des aménagements urbains. «Ce concours vise à la réalisation d’une sculpture ou d’une installation dans un espace public : rond-point, parc ou place. Cette œuvre doit être de nature pérenne. Le concours sera reconduit tous les ans pour permettre à nos artistes de s’exprimer et de s’impliquer d’une manière créatrice dans les aménagements de nos villes», souligne-t-il.

Rendez-vous donc du 21 août au 22 septembre prochains pour un festival dédié au Grand Maghreb, son expression artistique contemporaine dans son acception la plus large. Oujda sera alors la capitale de l’Afrique du Nord, le temps d’un évènement qui, en l’espace de trois ans seulement, est devenu un événement artistique et culturel majeur dans la région de l’Oriental, mais aussi et surtout celle du Maghreb.

Un engagement en faveur de l’art

L’association «Réseau d’Art A-48», déclarée sous le régime de la loi du Dahir du 15 novembre 1958 à Oujda dans l’Oriental du Maroc, se veut une organisation qui prône la fédération des initiatives qui créent des liens. Depuis 2009, l’association s’attelle à réaliser des expositions individuelles ou collectives. Une programmation annuelle est mise en place depuis 2012 dans les deux galeries d’art à Oujda. Des pratiques artistiques allant de la peinture, du dessin, de la sculpture, de la performance jusqu’à l’évanescence de la photographie et de la vidéo sont présentées. Le temps fort de cette programmation reste le festival Orient’Art Express mis en place en 2010.

Source : Le Matin

Spécial fête du trône 2013 – Une attention particulière pour l’Oriental

Depuis son accession au Trône alaouite, SM le Roi Mohammed VI a accordé une attention particulière à la région de l’Oriental. Cette année, le Souverain a effectué plusieurs visites à la région où il a inauguré de nombreux projets. L’objectif est de renforcer les infrastructures de base de l’Oriental et contribuer à son désenclavement ainsi qu’à la promotion des potentiels économique, commercial, agricole et touristique de la région.  Sa Majesté le Roi a, ainsi, procédé en juin dernier à l’inauguration de la première tranche du centre d’offshoring Oujda Shore, un projet qui vise à stimuler l’investissement, favoriser la création de petites et moyennes entreprises par les jeunes, doter la région des équipements de base nécessaires et à encourager les grands projets économiques à titre prioritaire.

Ayant nécessité des investissements de l’ordre de 120 millions de dirhams, cette première tranche d’Oujda Shore a porté sur la réalisation de deux bâtiments dédiés aux activités d’offshoring (7.500 m2), activités tertiaires et aux services de la technopole (3.500 m2). Le Souverain a inauguré, également, dans la commune rurale Madagh la première tranche de l’agropole de Berkane relative au pôle de recherche-développement et de contrôle de qualité. Il s’agit d’un mégaprojet destiné à accompagner le développement de cette région agricole par excellence.

Ce nouveau pôle, réalisé sur une superficie globale de 6,8 hectares dont 13.200 m2 couverte, a mobilisé des investissements de l’ordre de 145,5 millions de dirhams. Il a pour objectif l’amélioration quantitative et qualitative de l’offre des matières premières agricoles destinées à la transformation.  En matière de transport ferroviaire, la ligne Oujda-Fès s’est vue renforcée, grâce aux projets lancés par SM le Roi et destinés à doter cet axe majeur d’une infrastructure moderne lui permettant de résorber les flux substantiels du trafic, dans les meilleures conditions de sécurité et de confort.

Ces projets structurants qui concernent la mise à niveau et l’électrification de la ligne ferroviaire Fès-Oujda, ainsi que la construction d’un pôle d’échanges, vont participer au renforcement de la position stratégique de l’axe Oujda-Fès en tant que hub ferroviaire, reliant l’Est au centre du pays, et accompagner l’évolution croissante du trafic, notamment fret, suite à la mise en exploitation de la ligne Nador- Taourirt.  Parmi les projets phares que connaît l’Oriental, il y a incontestablement la présentation, en novembre 2012, à SM le Roi Mohammed VI du plan d’aménagement spécial de la lagune Marchica, adopté après des consultations avec les populations concernées. Ce nouveau plan vient renforcer les missions de l’agence pour l’aménagement de Marchica créée en juillet 2010 et dont les attributions couvraient à l’origine un rayon de 2.000 ha.

Source: aujourd'hui.ma

Les Chinois décrochent un contrat de 3 milliards de dirhams auprès de l’ONEE

L'Office National de l’Electricité et de l’Eau potable (ONEE) et la société chinoise SEPCO III ont signé, hier, un contrat pour la réalisation d’une nouvelle centrale thermique à Jerada. Ce projet porte sur la construction d’un nouveau groupe thermique de 318 MW fonctionnant au charbon sur le site de la centrale thermique en service à Jerada, d’une puissance globale de 165 MW.

Ce projet fait partie du plan d’équipement de l’ONEE visant à faire face à la croissance rapide de la demande d’électricité que connaît le pays. Il permettra l’optimisation de l’utilisation des infrastructures de la centrale et du réseau de transport existants ainsi que la rentabilisation des infrastructures portuaires et ferroviaires de la région par leur sollicitation pour l’alimentation de la nouvelle centrale en charbon. Il aura également des impacts forts positifs sur le développement économique et social de Jerada et de ses environs notamment par le biais de la création de nouveaux postes d’emploi et par le recours aux services des PME et PMI locales. La réalisation de ce projet, dont la mise en service est prévue au cours du 4ème trimestre 2016, a été confiée à la société chinoise SEPCO III à l’issue d’un processus d’appel d’offres international ouvert. Et selon l'ONEE, le choix de cette société de renommée internationale a été opéré au vu de la compétitivité de son offre économique et des performances techniques et environnementales de sa technologie qu’elle mettra en œuvre pour la construction de la centrale. A noter que le montant global du projet s’élève à plus de 3 milliards de dirhams et son financement sera assuré principalement par la Banque Chinoise Exim Bank.

Opération Marhaba : Plus de 210.000 MRE ont transité par l’Oriental

Le nombre de Marocains résidant à l’étranger (MRE) ayant transité par les différents points de passage dans la région de l’Oriental depuis le début de l’opération Marhaba 2013 a atteint un total de 210.761 personnes.

Le nombre de Marocains résidant à l’étranger (MRE) ayant transité par les différents points de passage dans la région de l’Oriental depuis le début de l’opération Marhaba 2013  a atteint un total de 210.761 personnes contre 237.330 au cours de la même période de l’année 2012.

Selon des statistiques de la direction régionale des douanes de la région de l’Oriental (Nador, Oujda, Al Hoceima), le nombre de MRE ayant regagné le Maroc entre le 5 et le 7 juillet s’élève à 130.259 contre 167.269 au cours de la même période de l’année écoulée (-22 %). Le mouvement des Marocains quittant le Royaume pour l’étranger s’est établi, quant à lui, à 80.502 personnes contre 70.061 (+ 15%) une année auparavant.

Par ailleurs, 21.221 véhicules ont transité, du 5 au 7 juillet, par les différents points de passage de la région de l’Oriental. La même source rappelle que plus de 890.000 Marocains ont transité par les différents points de passage de la région de l’Oriental lors de l’opération Marhaba 2012.

«L’Oriental marocain : d’une région périphérique à une région charnière ?»

PMAT, derrière cet acronyme, Programme de mise à niveau territoriale, c’est un grand chantier qui se dessine, suivi au plus haut niveau par le Chef de l’État. Un chantier qui touche des populations marginalisées jusque-là, dispersées dans des régions montagneuses, enclavées et difficiles d’accès, qui font la une de l’actualité pour rappeler telle ou telle tragédie, mort d’enfants ou de bébés, comme ce fut le cas à Anfghou, ou isolement de douars encerclés de neige…

3 300 douars, dont ceux avoisinant Jerrada, très touchée depuis la fermeture des mines de charbon, seront concernés par un programme d’amélioration des services d’eau, d’électricité, de santé, d’éducation et d’accès à des infrastructures de base. Au-delà du lancement des grands projets dans l’Oriental, il s’agit de remettre à niveau une région entière qui, longtemps, aura vécu au gré des contrebandes et de l’apport de l’émigration en utilisant justement l’argent des émigrés.

L’Oriental, qui s’étend sur 82 820 km², constitue 11,6% du territoire national. Situé à l’est du pays, il est en effet limité par la Méditerranée au nord et par l’Algérie à l’est. Partant d’une position excentrée et frontalière de l’Oriental qui a contribué à son retard économique et social par rapport aux foyers vitaux du pays, les potentialités de la région et la nouvelle génération de grands projets lancés pourraient-ils lui permettre de surmonter le handicap de la marginalité et de réussir son intégration dans l’espace économique national ? C’est la question posée au chercheur géographe, Abdelkader Guitouni, ce natif d’Oujda qui a soutenu sa thèse de doctorat d’État avec Jean François Troin. Auteur de l’ouvrage «Le Nord-Est marocain : réalité et potentialités d’une région excentrée», il est coauteur de nombreux ouvrages et publiera incessamment un ouvrage sur les lexiques de la région. Il a obtenu le Prix du Grand Atlas en 2006.

Le Matin : Les contraintes du développement sont nombreuses, dites-vous, pouvez-vous les présenter ?
Abdelkader Guitouni : Il y a tout d’abord le poids de l’histoire. Ayant constitué dans le passé un no man's land disputé entre les royaumes de Fès et de Tlemcen, puis depuis le XVIe siècle entre les dynasties chérifiennes du Maroc et les Turcs d’Alger, l’Oriental vécut durant la période coloniale (1912-1956) en marge du «Maroc utile» et se tournait vers l’Algérie via l’appropriation des terres par les colons de l’Ouest algérien, la forte immigration algérienne, les échanges commerciaux avec l’Oranie à travers le port de Ghazaouet, débouché de la région. Avec la décolonisation, la région se retrouva en position trop éloignée des foyers économiques vitaux et des pôles de commandement nationaux (Casablanca et Rabat).

Il y a aussi la géographie avec déjà le stress hydrique dans certaines régions ?
 L’aridité du climat, trait dominant du cadre physique, est un facteur limitatif des aptitudes agricoles et hydrauliques. En dehors des périmètres irrigués des plaines de la Basse Moulouya, les sols fertiles et les espaces agricoles sont rares et exigus. L’agriculture dominante fondée sur la céréaliculture sèche vise à produire surtout pour l’autosuffisance alimentaire et subit les aléas du climat aux sécheresses fréquentes. Le déficit hydrique est d’autant plus préoccupant qu’il y a une rude concurrence pour l’eau entre l’irrigation, la consommation urbaine et l’industrie.

Des mines qui ferment et des hommes qui émigrent  Jusqu’au début du nouveau millénaire, on assiste à l’épuisement progressif des ressources minières et énergétiques qui a un impact dévastateur sur certaines régions, comme celle de Jerada ?
 Avec aussi la fermeture des gisements de manganèse de Bouarfa en 1967, de plomb et de zinc de Boubker et Touissit respectivement en 1969 et 2002, de fer de Ouichane (Beni Bou Ifrour) en 1997 et d’anthracite de Jerada en 2001. En dehors de deux unités industrielles d’intérêt national, en l’occurrence le laminoir de la SONASID à Laroui et la cimenterie HOLCIM à El Aïoun, le tissu industriel de l’Oriental présentait une faible capacité d’emploi et se limitait à de petites industries en milieu urbain dans les «zones industrielles» d’Oujda, Nador et Berkane.

Quant au littoral méditerranéen, s’étendant sur plus de 200 km, de l’embouchure du Nekor à l’ouest à celle du Kiss à l’est, il est sous-exploité pour la pêche et le tourisme balnéaire. Nador et Saïdia représentent quasiment les seuls exutoires portuaire et balnéaire de l’Oriental sur la Méditerranée. Enfin, l’économie de la région, en particulier en milieu urbain, se caractérisait par la prolifération d’un secteur informel groupant de petits métiers et des commerces de survie, et par la prolifération de la contrebande, une composante de l’économie de la région, omniprésente dans les villes. Celle-ci est pratiquée sur deux fronts : du côté nord avec l’enclave espagnole de Melilla et du côté est, avec l’Algérie.

Avec une population croissante qui dépasse les 2 millions d’habitants et avec une frontière fermée depuis des décennies, il faut un exutoire, c’est celui qu’offre l’émigration ?
 L’Oriental est effectivement le premier foyer de départ du Maroc vers l’Europe. Depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1960, un courant migratoire de main-d’œuvre agricole existait en direction de l’Oranie voisine. Avec l’indépendance de l’Algérie, le flux d’émigration se réorienta vers l’Europe occidentale (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas) et s’intensifia jusqu’au milieu des années 1970. À la suite des effets de la crise économique de 1974-75, les États européens adoptèrent des mesures en vue de freiner l’immigration étrangère (verrouillage des frontières, instauration des visas…). Devant ces restrictions, l’émigration revêtit de nouveaux aspects : regroupement familial, recherche de nouveaux débouchés (Espagne, Italie…), émigration clandestine. Grâce aux transferts monétaires des MRE, l’Oriental est une importante place financière. Cependant, les capitaux déposés dans les villes de la région, en particulier à Nador et Oujda, sont sous-utilisés et ne contribuent pas pleinement à financer des investissements productifs.

Vous avez évoqué dans l’une de vos études le pôle tertiaire au rayonnement étendu, avec précisément le nombre d’agences bancaires, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles travaillent pour d’autres régions que celle de l’Oriental ?
 Avec un appareil administratif étoffé, chef-lieu de la wilaya de région, les délégations régionales des ministères, des professions libérales… l’Oriental constitue en effet un pôle tertiaire. Il reste un point que l’on ne peut éluder, celui du nombre élevé d’agences bancaires, qui passa d’une trentaine en 1995 à 75 en 2011. Cette progression est liée à la fonction de refuge des capitaux des MRE originaires de la ville. En 2009, l’Oriental a reçu près du quart des transferts MRE effectués vers le Maroc (11,5 MMDH sur un total de 50). Mais sur 9,3 MMDH déposés dans les banques d’Oujda et de l’Oriental, 2,7 milliards seulement, soit 28%, sont mobilisés localement ; le reste, 72%, est investi dans l’Occidental et à Casablanca. Le rapport crédits et dépôts, le plus bas au Maroc (28%), signifie que les dépôts bancaires de l’Oriental financent le développement d’autres régions.

Une nouvelle génération de projets   Le discours royal du 18 mars 2003 a produit une forte inflexion et déclenché un nouveau processus. Les premiers résultats sont là, même s’ils doivent être confortés et renforcés. Et il ne s’agit pas de simples travaux, mais de grands projets sectoriels qui devraient permettre s’ils sont bien accompagnés de rattraper le retard ?
 Du fait de sa position géographique et frontalière, l’Oriental devait bénéficier d’un effort particulier de l’État en matière d’investissements. C’est à l’État qu’incombait l’impulsion du développement de la région par la réalisation de projets d’équipements lourds, d’intérêt national. Ces derniers, qui doivent constituer des actions de fond dont les retombées se feront sentir à long et moyen termes, sont en mesure de produire un effet d’entraînement pour d’autres secteurs socio-économiques. Il s’agit en particulier de projets déjà réalisés ou en cours visant le désenclavement de l’Oriental et l’amélioration de ses infrastructures routière et ferroviaire : sections de la rocade méditerranéenne Tanger-Saïdia relevant du territoire de la région, autoroute Fès-Oujda, voie rapide Oujda-Nador, voie ferrée Taourirt-Nador, doublement et électrification de l’axe ferroviaire Fès-Oujda. Oujda est le type de ville qui a créé sa région et tissé un réseau de relais dans sa zone d’influence grâce à sa situation de carrefour frontalier et à son passé urbain. Elle se place à la tête d’un réseau urbain régional par sa position à la croisée des voies de communication. C’est à la fois un nœud routier, une grande gare de triage au croisement des axes ferroviaires Fès-Oran et Bouarfa-Ghazaouet et un aéroport international au trafic lié au retour des MRE des pays européens en été.

Concernant les projets de développement, il faut citer le dernier projet inauguré par Sa Majesté le Roi, près de l’aéroport d’Oujda, à savoir le technopôle, un grand chantier visant, par l’implantation d’entreprises de haute technologie, à créer des emplois et attirer des investissements. Un chantier qui dispose d’un environnement des plus favorables, notamment en matière d’écoles supérieures. Disposant de sept établissements d’enseignement universitaire (quatre facultés et trois écoles supérieures : EST, ENSA, ENCG), Oujda est la cinquième ville universitaire du Maroc par le nombre d’étudiants (32 000 en 2012), dont l’aire de recrutement s’étend à tout l’Oriental. Il y a d’autres projets qui vont permettre l’ancrage de l’Oriental dans son environnement national et régional. Nous avons d’autres projets comme la centrale thermocentrale d’Aïn Beni Mathar, idéalement localisée, l’agropole de Berkane, mais aussi les grands projets d’adduction d’eau, la création de centres professionnels qui devraient enclencher une nouvelle dynamique.

Vous préconisez d’autres «solutions pour aider au développement de la région» ?
 Par une politique volontariste de développement, la contribution de l’État peut également revêtir plusieurs formes : dégrèvements fiscaux, règlement de la question des systèmes fonciers et, au-delà du fonds d’investissement, création d’une caisse de développement de l’Oriental à l’image de celles de certaines régions dans le monde qui ont rattrapé leur retard économique. L’exemple du Sud italien, le Mezzogiorno, est instructif à cet égard vu les projets réalisés grâce à la Caisse du Midi (Cassa per il Mezzogiorno), organisme parapublic créé en 1950 et destiné à apporter une aide financière et technique au développement du Sud.

Vous évoquez, dans vos écrits, les dégâts dus à la répétition du cycle ouverture-fermeture de la frontière. Qu’entendez-vous par là ?
 Les fonctions diversifiées d’Oujda lui ont permis de polariser un vaste territoire, bien que son aire d’influence soit tronquée à l’est par le tracé de la frontière maroco-algérienne. Depuis les années soixante, Oujda connaît la répétition du cycle fermeture-ouverture de la frontière dont elle subit l’impact. Du fait des aléas politiques dans les relations bilatérales, la principale forme d’échanges qui subsiste entre l’Algérie et le Maroc est la contrebande, devenue une composante de l’économie urbaine et régionale. Les revenus de la grande contrebande, qui brasse un chiffre d’affaires de plusieurs milliards de dirhams annuellement, ont servi, de part et d’autre, à l’instar du blanchiment d’argent du trafic de drogue, à bâtir des fortunes. N’étant pas hermétique, la frontière maroco-algérienne est localement franchie, à partir du territoire algérien, par des ressortissants d’Afrique subsaharienne de plusieurs nationalités (Maliens, Nigériens, Sénégalais, Guinéens, Burkinabés…) dans l’espoir de se rendre à Melilla et de s’embarquer clandestinement vers l’Espagne. Durant les dernières années, l’Oriental marocain, qui était au départ un espace de passage vers l’«Eldorado européen», tend à devenir une zone de fixation pour les «harraga», émigrés clandestins.
L’intégration de la diaspora marocaine issue de l’Oriental dans le développement régional.

Entretien avec Abdelkader Guitouni, docteur en géographie, ancien professeur à l’Université d’Oujda.
FARIDA MOHA

Source: LE MATIN

L’intégration de la diaspora marocaine issue de l’Oriental dans le développement régional

L’Oriental, territoire de 82 320 km², situé dans le prolongement nord-est du Royaume, avec une population de près de 2 millions d’habitants a de tous temps, de par son histoire et sa géographie, été une zone de flux économiques et sociaux ouverte sur son environnement international. Avec ses deux fenêtres, l’une donnant à l’est vers l’Algérie, le reste du Maghreb et par extension vers l’Afrique subsaharienne, la seconde donnant sur le pourtour méditerranéen.

Cette géographie a façonné le destin de cette région frontalière devenue très sensible au degré d’intensité des échanges avec son environnement international immédiat. Plusieurs pans de l’économie régionale se sont construits sur la base des liens frontaliers avec, notamment, l’Algérie à l’Est et l’Espagne au Nord (commerce et services, transport routier, maritime et ferroviaire, banques et services financiers, etc.). L’analyse des flux économiques de la région montre d’ailleurs que cette dernière a été historiquement plus une région de transit qu’une région qui valorise ses ressources localement.

L’éloignement de la région des centres de décision nationaux a, en outre, contraint l’économie régionale à rester dépendante des contingences frontalières. À l’Est, les frontières ont été depuis l’indépendance à ce jour plus fermées qu’ouvertes ; situation qui a conduit la région à demeurer dans une situation «d’attentisme économique» à cause d’une intégration régionale du Maghreb toujours reportée aux «calendes grecques».

Ce contexte économique, provoqué par l’éloignement de la région par rapport au centre du pays et la fermeture des frontières à l’est, a poussé la région à orienter ses flux vers le nord de la méditerranée ; en l’occurrence vers l’Europe. Aujourd’hui, l’Oriental est devenu, par sa diaspora et ses échanges économiques, l’une des régions du Royaume les plus connectées avec l’Europe. C’est l’une des réalités encore méconnues au plan national et international.

On estime qu’entre 800 000 à 1 million d’hommes et de femmes issus de l’Oriental sont à l’étranger, essentiellement en Europe. Si l’on rapproche ce chiffre de celui de la population totale de l’Oriental qui ne dépasse pas 2 millions (selon le recensement de 2004), nous pouvons mesurer l’importance des liens humains de l’Oriental avec l’autre rive de la Méditerranée.

Les estimations statistiques relatives à la diaspora indiquent que 70% des Marocains résidant en Allemagne sont issus de l’Oriental, le même chiffre est avancé pour les Pays-Bas, 60% en Espagne, 50% en Belgique et 30% en France. De même, selon les chiffres disponibles, 25% des flux financiers de la diaspora transférés au Maroc (plus de 4 milliards d’euros en 2007) le sont vers l’Oriental. En matière d’import-export, 80% des revenus des produits d’exportation de la région (produits agricoles et agro-industriels) le sont à la faveur des exportations vers les marchés européens. La proximité d’une province aussi importante que Nador avec l’enclave occupée espagnole de Melilla génère des courants d’échanges économiques non négligeables.
Dans l’attente de la construction du Maghreb arabe, la région a établi des liens forts avec l’Europe, notamment à travers la population des Marocains résidant dans les pays européens (France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Italie, etc.) et issus de la région. L’Agence de l’Oriental a pleinement intégré cette réalité et en prend compte dans le cadre de la stratégie de développement régional, notamment dans son volet de la coopération internationale.

Par Taoufiq Boudchiche, directeur Coopération et promotion à l’Agence de l’Oriental

Source:  LE MATIN

«La réhabilitation de la place Bab Sidi Abdelouahab apporte une forte valeur ajoutée à la ville d’Oujda»

Le projet de réhabilitation de la place Bab Sidi Abdelouahab, inaugurée vendredi à Oujda par S.M. le Roi Mohammed VI, apporte une forte valeur ajoutée non seulement à l'ancienne Médina de cette ville, mais également à toute la capitale de l'Oriental, a indiqué le président du directoire du groupe Al Omrane, Badr Kanouni.

La réhabilitation de cette place, qui offre un attrait particulier par rapport à l'aspect touristique, entre dans le cadre de la grande dynamique que connaît cette région, a-t-il ajouté dans une déclaration à la presse à cette occasion.

Kanouni a fait observer, en outre, que ce projet important a été réalisé grâce à la synergie existant entre les différents partenaires, dont les autorités locales, les élus, le ministère de l'habitat, de l'urbanisme de la politique de la ville, Al Omrane, et surtout les bénéficiaires et les associations qui les représentent.

Et d'ajouter que les travaux de réhabilitation n'ont jamais perturbé le fonctionnement du complexe commercial qui s'y trouve et qui a continué ses activités le plus normalement possible.

L'intérêt particulier qu'accorde S.M. le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, à la préservation et à la pérennisation du patrimoine historique national, s'est concrétisé, une fois de plus, vendredi, à travers l'inauguration par le Souverain à Oujda du projet de réhabilitation de cette Place.

Ayant pour objectifs l'embellissement du paysage urbain, l'amélioration des conditions de travail des commerçants, la sédentarisation des marchands ambulants, l'éradication des constructions insalubres, ce projet a porté notamment sur l'aménagement de l'esplanade Bab Sidi Abdelouahab, la construction d'un complexe commercial et d'un marché de fruits et légumes, l'édification de la mosquée Al Fadila et la restauration de l'école Moulay Abdellah.

Ce programme, qui s'inscrit dans le cadre de l'axe «réhabilitation de l'ancienne Médina» faisant partie intégrante du programme de réhabilitation et de mise à niveau urbaine de la ville d'Oujda, présenté à Sa Majesté le Roi, le 04 mai 2010, a consisté également en la reconstruction d'une partie de l'ancienne muraille, le ravalement des façades des constructions attenantes à la place, outre des travaux de voiries.

Source: LE MATIN

Entretien avec Abdellatif Hadj Hamou, président du directoire de MedZ

Entretien avec Abdellatif Hadj Hamou, président du directoire de MedZ «La Technopole d’Oujda, un levier de développement économique régional».

Le Matin : La technopole d’Oujda est un instrument de développement économique qui fait partie des trois projets de stratégie Med-Est pour le développement de l’Oriental. Pouvez-vous présenter la stratégie Med-Est ?

Abdellatif Hadj Hamou : Le Plan Med-Est, est une stratégie régionale qui vise à renforcer le développement de la région de l’Oriental en s’appuyant sur plusieurs moteurs de croissance territoriaux. Med-Est est la mise en œuvre régionale de différentes stratégies sectorielles, particulièrement le plan Émergence, Maroc Vert, la stratégie énergétique et Rawaj. Trois projets entrent dans le cadre de cette stratégie : la Technopole d’Oujda, l’Agropole de Berkane et le parc industriel de Sélouane. La Technopole et l’Agropole de Berkane sont opérationnelles depuis 2012. Le parc industriel Sélouane-Nador est en cours de commercialisation. Les travaux in-site ont été achevés depuis plus de deux ans, mais la procédure de transfert du foncier de la Chambre de commerce et d’industrie de Nador à la société SAPS (Société d’aménagement du Parc industriel de Selouane), en charge du projet, a subi des retards. Ce transfert est maintenant réalisé grâce à la nomination du nouveau président de la Chambre.

Comment intégrez-vous la Technopole et de quoi celle-ci est-elle composée ?

La Technopole d’Oujda est un projet qui traduit, au niveau spatial, la convergence entre des stratégies sectorielles et une stratégie régionale et vise à positionner la région sur des activités à fort potentiel de croissance et de création d’emplois, à savoir les industries liées aux énergies renouvelables, les industries destinées au marché local, portées par les PME/PMI, l’offshoring, le commerce et la logistique. L’ensemble est supporté par le Campus du savoir qui permet de compléter le dispositif en matière de formation des ressources humaines adaptées et d’innovations apportées par la recherche-développement.

Le projet s’étend sur 107 ha et comporte les composantes suivantes :

• Cleantech (les technologies propres) : 40 ha
• PME-PMI : 23 ha
• Zone logistique : 20 ha
• Services & offshoring : 4 ha
• Retail park et showrooms : 20 ha

Où en est le projet au niveau des Cleantech, de la zone PME-PMI, de la zone logistique, du Retail Park, des services et des activités d’Offshoring ?

La Technopole a été réceptionnée et les titres ont été éclatés en 2012. Les zones PME, logistique et la zone commerciale sont en cours de commercialisation :

• Zone PME : 23 projets correspondants à 29 lots ont été commercialisés sur un total de 63 lots. 9 projets sont en construction.
• Zone commerciale : 6 projets correspondant à 8 lots commercialisés sur un total de 34 lots. 1 projet est en cours de construction.
• Zone logistique : un lot a été commercialisé. Pour la zone PME, les projets portent sur des activités diverses, telles que la construction métallique, la fabrication mécanique, la menuiserie, l’agro-industrie, les textiles et les énergies renouvelables. Pour la zone commerciale, les projets portent sur la concession automobile, le matériel industriel et agricole, l’électroménager et les produits cosmétiques.

Sur les Cleantech, aucune attribution n’a encore été réalisée. Leur développement est tributaire du déploiement opérationnel du Plan éolien & solaire et des mesures régionales qui seront mises en place par les autorités locales et nationales en vue de renforcer l’attractivité de la région par rapport à des régions mieux connectées. La commercialisation a été fortement impactée par l’appui que les autorités locales, en particulier la wilaya, ont réservé aux porteurs des projets. Il y a eu une forte mobilisation pour assurer aux investisseurs toutes les facilités pour l’obtention des autorisations.

Les travaux de construction de la Zone d’offshoring, dont l’offre de valeur est sous forme de plateaux de bureaux, ont été achevés en avril 2013 et la commercialisation a été engagée. Dans ce secteur, des incentives sont également nécessaires pour attirer des porteurs de projets à choisir la région de l’Oriental.

Quels sont les atouts de ce projet que l’on présente comme structurant ?

Il y a tout d’abord son emplacement stratégique à proximité de l’aéroport, à quelques kilomètres de la ville et sur la voie express Oujda-Saïdia. Cet emplacement la situe sur l’axe principal de développement économique de la ville d’Oujda. Autre atout, sa conception sous forme de Technopole de nouvelle génération qui offre une qualité d’infrastructure conforme aux normes internationales. Nous avons également la présence d’un bassin d’emploi qualifié à travers la présence de plusieurs instituts de formation (ingénieurs, techniciens spécialisés, ouvriers qualifiés) et couvrant une multitude de filières, parmi lesquelles celles prévues à la Technopole (énergies renouvelables, procédés industriels, offshoring, commerce…). Le dernier atout très important, c’est le soutien apporté par les autorités locales et les différentes administrations, notamment en matière de traitement des demandes d’installation (commission d’attribution), d’octroi des autorisations de construire dans des délais records et d’autres démarches comme le branchement aux réseaux électriques, l’eau potable et l’assainissement, des atouts importants qui ont encouragé plusieurs investisseurs à venir concrétiser leur projet au niveau de la Technopole d’Oujda.

Quelles sont les difficultés inhérentes au déploiement d’une Technopole nouvelle ?

Comme dans tous les projets de zones d’activité nouvelles en phase de valorisation, il y a un besoin d’assurer un environnement approprié, qui passe par la connectivité du projet (transport du personnel), la garantie des services de proximité (gardiennage, administration, maintenance, restauration), les moyens techniques, l’hébergement du personnel travaillant au niveau de la Technopole. Cet environnement se met généralement en place progressivement, en fonction de la densification du site en matière d’activités. De nombreux projets étant en construction, ce projet va suivre le même chemin. Nous avons de l’expérience à ce sujet, grâce à notre filiale MedZ sourcing. Cette société va assurer la gestion de la Technopole en offrant les services de base : la sécurité, l’entretien de la voirie et des espaces verts, la restauration… Nous avons veillé également à ce que le guichet unique, abritant les différentes administrations concernées par l’acte d’investir, soit opérationnel dès ce mois, avec d’autres services utiles tels que la restauration et le business-center. Nous comptons sur l’appui soutenu des autorités locales pour garantir la mise en place d’autres services, notamment le transport qui est déterminant pour le déplacement des salariés. Aujourd’hui, le bilan est globalement positif puisque nous avons réussi à commercialiser près de 50% des surfaces dédiées aux PME-PMI et au commerce. Notre challenge est relatif à la commercialisation des Cleantech qui peut s’expliquer par le retard dans la mise en place d’une offre Maroc spécifique (2012) pour le développement d’activités industrielles liées aux énergies renouvelables. Il reste que pour de tels projets, il faut intégrer le temps long. Les programmes éolien et solaire, le principe de l’offset industriel, sont de nature à permettre l’installation au Maroc d’une base industrielle importante (production d’équipements pour les panneaux solaires, des composants des tours éoliennes : pales, nacelles, turbines…) qui essaimerait ensuite dans les différentes régions du Maroc. Mais pour permettre l’installation d’une partie de ces activités dans l’Oriental, la région devra bénéficier de mesures et d’incitations spécifiques pour attirer les investissements.

Région de l’Oriental : quelle dynamique territoriale ?

En créant les technopoles de CasaNeareshore, Rabat Technopolis, Fès Shore, Oujda Shore, le Maroc veut se positionner dans les nouveaux métiers, des secteurs à fort potentiel. La Technopole d’Oujda s’inscrit dans le cadre de l’Initiative royale pour le développement de la région de l’Oriental et fait partie du projet global «Med-Est», qui comprend le Parc industriel de Selouane et l’agropole de Berkane.
 

C’est la CDG, dont la mission est l’intérêt général et l’accompagnement des politiques publiques pour le développement économique du pays, qui porte «les noyaux durs» de développement de la région de l’Oriental, s’impliquant totalement dans la réalisation de ces programmes que nous présente le président du directoire de Medz, filiale de la CDG en charge de ces projets, Abdelatif Hadj Hamou. Mais au-delà de cette composante, un tel projet nécessite des prérequis. Tout d’abord une synergie entre les différents intervenants publics, la CDG et le wali qui s’investissent totalement dans ces projets, les élus, les associations, la Chambre de commerce et tous les acteurs de la technopole. La réussite du projet nécessite aussi un environnement favorable à la créativité, à l’innovation, à la compétition scientifique et technique et à l’ouverture à l’international.

C’est Pierre Laffitte, fondateur de Sophia Antipolis et chargé d’une mission pour la création d’un réseau spécifique de développement de l’innovation en Euroméditerranée, que nous avions rencontré à Fès, qui nous confiait que l’ingrédient essentiel de la réussite des technopoles, «c’est un état d’esprit, c’est la volonté collective des acteurs du projet et des acteurs locaux. L’infrastructure permet de localiser un projet, mais ce qui est nécessaire, c’est de créer un consensus sur la vision en général et sur le modèle en particulier afin de permettre “une spécificité” de l’offre qui doit être adaptée à l’environnement de la région.» Reste aussi à intégrer les facteurs clés du succès que nous présente Jean Michel Huet : intégrer les partenariats public-privé, le temps long, la gouvernance et la professionnalisation des gestionnaires et l’attractivité du territoire pour une bonne visibilité à l’international qui requiert l’implication des départements ministériels intéressés.